Après avoir lu tous nos conseils pour vous costumer pour le Festival Biarritz Années Folles et que maintenant, il vous tarde de revêtir une merveilleuse robe des années 20, comment allez-vous vous y prendre ?

Tout simplement, en la cousant !

Facile à dire ! Et à faire, me direz-vous ? C’est exactement ce que ce disaient nos ailleules en regardant les derniers modèles de Paris, avec envie alors qu’elles avaient les poches si peu remplies pour la plupart d’entre elles !

Nos voisins américains, toujours si pratiques, ont eu, eux l’aide de Mary Brooks Pickens, une femme au sens vraiment très pratique et je dirai même très marketing !

Photo publiée en préface du livre Picken’s Secrets Distinctive Dress (1918)

Cette dame fonde le Woman’s Institute of Domestics Arts and Sciences en Pennsylvanie et commence dès 1915, à publier de nombreux livres sur les Sciences Domestiques et en particulier la couture de vêtements et de chapeaux. Vaste programme !

Mary Brooks Pickens - Par inconnu
Mary Brooks Pickens – Par inconnu

 

 

Mais rappelons-nous que nous sommes au début de la Grande Guerre, qui fait rage en Europe et que bientôt, les femmes prendront le relais des hommes partis, en effectuant des tâches dans les usines, aux champs et dans les commerces. Il devient alors difficile, voire dangereux de porter des corsets et des kilomètres de jupes et jupons. Puis la guerre prend fin et ces dames, finalement, se trouvent fort aise des jupes plus légères et un peu plus courtes, des corsets (n’allons pas croire qu’ils aient totalement disparus, quand même !) plus souples de type “gaine”.

Les grands couturiers parisiens, Paul Poiret, Coco Chanel, Madeleine Vionnet, font souffler un vent de modernité sur la mode féminine et toute femme s’imagine portant ces robes taille-basse, longilignes et élégantes.

Au même moment, la machine à coudre entre dans les familles, la bonne vieille machine à coudre Singer à pédale que j’ai tant admirée chez ma grand-mère et qu’elle n’aurait remplacé pour rien au monde. Quel progrès ! Les clics-shins-hanks de l’aiguille dans le tissu rythmeront le quotidien dans nombre de maisons.

Et Madame Pickens ? Celle-ci met au point, en 1924, une méthode révolutionnaire qui permet de tailler et coudre une robe à la mode en une heure et propose pas moins de 17 varaitions. Elle fait face aux critiques et aux septiques et réalise à New-York devant témoins et journalistes cette robe avec un record de 34 minutes ! Cette méthode devient alors très célèbre sous le nom de One Hour Dress, et les publications de Mary Brooks Pickens deviennent alors des références dans l’éducation des femmes par les Sciences et Arts Domestiques.

One Hour Dress - 1924
One Hour Dress – 1924

 

Très prolifique, Mary écrira 96 livres sur ces sujets “domestiques”, qui aujourd’hui tendraient à nous faire sourire, mais qui je vous l’assure, lorsqu’on s’y penche un peu sont passionnants, surtout lorsqu’on a dans l’idée de réaliser son costume pour le Festival.

Cette méthode fait encore de nos jours la joie de couturières aux Etats-Unis et bien au-delà, car elle est simple, sans patron, réalisable à la maison sur une machine à coudre familiale (à la main, cela marche aussi !), permet un grand nombre de variations et donne un rendu d’époque parfait, puisqu’elle est telle qu’elle a été écrite en 1924.

L’autre point formidable est que :

Coudre selon la mode des années 20, c’est coudre à vos mesures.

 Il n’existait pas de tailles standardisées et tant mieux ! Petite, grande, mince, ronde, jeune, moins jeune, nous pourrons toutes nous habillées sans tenir compte de ses satanés et soi-disants défauts de notre silhouette !

Vous aussi êtes septiques et vous vous posez la question de savoir si la robe obtenue vous ira ? Nous aussi, c’est pourquoi, nous avons, Colette et moi, testé cette méthode afin d’habiller notre famille pour le festival.

Nous vous proposerons notre version de cette robe, en français bien entendu, avec nos trucs et astuces, conseils et réalisations.

Alors ne soyez plus timide l’aiguille, nos grands-mères et arrière-grands-mères l’ont fait avant nous, donc à votre tour maintenant et lancez-vous avec nous !

A venir : comment prendre ses mesures

Post Scriptum : les Français étant très créatifs et un peu moins pratiques, je n’ai pas encore mis la main sur l’équivalent de la méthode One Hour Dress, mais j’y travaille…


Si vous souhaitez obtenir une version originale (en anglais) de la méthode One Hour Dress, je vous invite à l’acquérir auprès de Carol sur sa boutique pour quelques dollars en version téléchargeable.

A noter que nous avons apporté des modifications à la méthode originale et que nous ne proposerons pas l’ensemble des versions et informations disponibles dans ce fascicule. Le document est retravaillé avec des outils modernes pour augmenter la qualité de lecture et d’impression d’un document de presque un siècle !

En outre, Carol ayant été d’une grande gentillesse en nous offrant des patrons supplémentaires pour compléter notre collection, je vous remercie de respecter son travail en vous acquittant de cette modeste somme. Laissons les petites entreprises familiales exister !

 

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